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Gérald Darmanin demande à la ville le remboursement des sommes librement versées par les élus.

Le système de versement d’une partie des indemnités des élus au PS et au PCF, directement par la ville de Tourcoing, est illégal. C’est ce que dit aujourd’hui le ministère de l’Intérieur saisi par le député UMP Gérald Darmanin. Celui-ci demande à Michel-François Delannoy, maire de Tourcoing, de mettre fin au système et de rembourser les sommes.

Le prochain conseil municipal de Tourcoing aura lieu le 30 mai. Mais déjà l’opposition affûte ses dossiers. Et notamment sur le versement par la ville de Tourcoing d’une partie des indemnités des élus au profit de leurs partis politiques (PS et PCF). L’opposition crie au financement occulte, alors que la majorité explique que c’est juste un prélèvement à la source au lieu d’être individuel. Le préfet a été saisi par les deux parties et devra trancher.

Mais il est peu probable qu’il soit d’un avis différent de Manuel Valls. Interpellé par le député Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur vient de rappeler la loi.

«Les indemnités d’élus doivent être directement versées par les élus concernés et non via une personne morale telle que la collectivité territoriale au sein de laquelle ils sont élus». Réponse publiée au journal officiel du 7 mai. «Il y a donc bien une procédure de financement illégale des partis socialiste et communiste au niveau départemental que le maire a cautionné contrairement à ce qu’il peut dire», souligne Gérald Darmanin. «Nous demandons donc à M. Delannoy d’arrêter immédiatement ce système et de rembourser les sommes versées depuis 2008, soit 500 000 €». L’opposant politique reconnaît toutefois que ces sommes revenaient bien aux partis politiques, mais qu’elles auraient dû leur être versées directement. «Il n’y a pas de raison que les fonctionnaires municipaux travaillent pour les partis politiques». Et l’élu de droite menace : «si la ville ne récupère pas cette somme, nous attaquerons au tribunal administratif». En pleine période électorale, une bataille judiciaire risque de faire quelques victimes.

Mais l’UMP tourquennoise veut aussi demander des comptes au trésorier payeur qui n’a jamais trouvé à redire à ces versements.

«Je vais également demander à la cour régionale des comptes de regarder ce qui se passe ; de même qu’à la commission des comptes de campagne qui est pour le moins pointilleuse».

«Notre travail d’opposant »

A moins d’un an des municipales, le principal opposant de Michel-François Delannoy, qui portera les couleurs de l’UMP en mars 2014, poursuit la charge.

«Comment peut-on continuer ce système alors que 500 000 € c’est un point fiscal ? Nous ne sommes pas dans une ville où tout va bien et où les impôts ne sont pas chers». Et l’opposant de se sentir pousser des ailes de chevalier blanc. «Je crois qu’il appartient aujourd’hui à l’État de vérifier que d’autres collectivités de gauche n’ont pas fait de même». L’opposant politique de pointer du doigt les malversations dans le Pas-de-Calais. «Dans le cas de Tourcoing, nous avons fait notre travail d’opposant. J’espère aujourd’hui que le maire pêche par orgueil et non pour protéger quelqu’un. Je pensais que c’était un homme qui avait de la perspicacité. Mais cette affaire prouve aussi que l’alternance a du bon». Sans aucune arrière-pensée.

Par Anne COURTEL